À
l'origine, le couple Berlingo-Partner apparaît pour remplacer
des fourgonnettes obsolètes, dont la conception remonte aux
années quatre-vingt. La version utilitaire est
lancée en premier, et Citroën crée un
marché en décidant, en 1996, de lancer en
parallèle une version familiale, appelée
"Multispace", et présentée décemment
par rapport à l'utilitaire (pare-chocs peints, meilleur
choix de matériaux intérieurs et de coloris de
peinture, hayon monobloc, moteur 1,8 l essence disponible, meilleur
choix d'options).
Mais ce segment des ludospaces ne reste pas l'apanage de
Citroën pendant très longtemps, surtout qu'il
présente des avantages pour les deux parties : les clients
ont de l'espace pour pas cher, et le constructeur rentabilise ses
installations industrielles en augmentant ses ventes du même
modèle.
Renault entre dans la danse en second, avec un look de gros jouet, et
une porte coulissante à l'arrière. Le carton ne
tarde pas, et Peugeot-Citroën doit répliquer. Le
Berlingo doit disposer d'une porte coulissante, et ce, en modifiant au
minimum les fameuses installations industrielles : le profil du
véhicule doit rester le même, la porte avant,
initialement prévue large, doit rester en place.
Ainsi apparaît, au printemps 1999, un Berlingo avec une porte
coulissante. Pour des raisons de sécurité,
celle-ci est sur le côté droit de la carrosserie.
Il adopte à l'aube de l'année 2000 un moteur 2
litres HDi de 90 ch, en complément du 1.9 diesel de 71 ch et
des deux blocs essences. Les pare-chocs des versions Multispace
reçoivent un demi-bandeau en plastique noir en lieu et place
de la peinture intégrale, et l'intérieur devient
coloré en harmonie avec la couleur extérieure.
Mais ce n'est que le début de la guerre des portes
coulissantes, et Renault reprend vite l'avantage en équipant
le Kangoo d'une deuxième porte de ce type, à
gauche.
Citroën aura tout le loisir de répliquer en temps
et en heure, avec une deuxième porte coulissante, d'abord en
option, puis en série sur les Multispace.
Le Berlingo vieillit tranquillement, jusqu’à ce
que le Kangoo tente de reprendre l'avantage que Citroën avait
pris grâce à une tenue de route bluffante pour un
utilitaire et au 2 litres HDi doux et polyvalent. Le Kangoo se repoudre
le nez et adopte un diesel un peu moins "agricole".
Le Berlingo doit réagir une enième fois
à ces attaques, ce qui se fera assez rapidement,
à l'occasion du restylage de 2002. Ce restylage concerne la
face avant, et l'on passe d'une vague imitation de Xsara à
un look vraiment personnel, imitant un SUV et son pare-buffle
à l'avant. La planche de bord est aussi modifiée
à cette occasion, mais l'arrière n'en a pas
profité, et la couleur, omniprésente de la
planche de bord aux ceintures de sécurité,
disparaît à cette occasion.
Les modifications techniques sont à l'avenant :
multiplexage, renforcement de la zone d'absorption des chocs
à l'avant, adoption en série sur Multispace des
freins antiblocage et de coussins gonflables.
Aucune modification sérieuse depuis, hormis l'apparition des
moteurs 1,6 l Hdi (75 et 92 ch) et de la version XTR, imitant un
tout-terrain (bas de caisse, pare-chocs, etc).
Le Berlingo est produit un peu partout dans le monde, notamment en
Russie, en Chine, en Espagne et en France pour le marché
européen, et en Amérique du Sud.