Au service de la
maréchaussée
L'apparition des Renault 2065 et 2066, en 1952, est prise
en compte par les administrations françaises, la police et
l'armée. La gendarmerie, déjà
intéressée par les
précédentes versions et
particulièrement les ambulances sur base de 206 E1 et R2060,
commande une multitude de fourgons vitrés R2065 type
minicar. Ces derniers, principalement utilisés en compagnie,
permettent de transporter, grâce à leurs
banquettes latérales et frontales, jusqu'à huit
gendarmes, en vue d'opérations importantes de police de la
route, de contrôle, de battues ou de missions de maintien de
l'ordre. Certains reçoivent un matériel radio,
similaire à celui installé dans les Peugeot 203 U
et, suivant les théâtres d'opérations,
d'un phare de recherche ou d'un haut-parleur. C'est le cas pour un
grand nombre des R2065 utilisés dans les colonies
françaises.
Au fil des années 1950, des fourgons 1 000 kg se retrouvent
aussi en dotation dans certains services techniques de l'Arme, ainsi
qu'à la Garde républicaine où deux
exemplaires sont transformés en véhicules
ateliers, pour les besoins de l'escadron motocycliste.
Équipé d'un établi, d'un outillage
standard et de pièces indispensables à toute
réparation basique, chaque fourgon peut également
transporter une moto.
Hormis leurs tâches journalières, ces R2065 sont
employés, jusqu'au milieu des années 1960, comme
véhicules d'assistance sur les éditions de
courses cyclistes, dont le Tour de France, alors escorté par
l'escadron motocycliste.
La gendarmerie se met au 4x4
Dotée de 2067, la gendarmerie
perçoit en nombre plus conséquent les 2087. Les
versions cargo sont majoritairement employées par les
escadrons de gendarmerie mobile ou les unités
basées dans les colonies, dont l'Algérie. Ils
sont aussi utilisés dans les DOM-TOM, ainsi qu'au sein de
certaines compagnies métropolitaines où, hormis
les missions tout-terrain habituelles, ils entrent dans la composition
des groupes portés constituant, dans les années
1960-1970, les pelotons de renseignement,
désignés pour agir en cas de «
tensions» ou de conflit dans le pays.
Les gendarmes possèdent également de nombreux
fourgons 4x4. Bénéficiant
déjà, comme dans la majorité des
autres armes, de modèles sanitaires (quatre
blessés couchés), ils disposent
également de versions vitrées. Ces
dernières servent, principalement dans les escadrons de
gendarmerie mobile et dans quelques compagnies
départementales, comme PC radio mobile. On retrouve aussi
des modèles vitrés au sein de la gendarmerie
maritime, où ils partagent parfois leurs tâches
avec des modèles 1000 kg standards également
carrossés de la sorte.
Quelque peu améliorés au fil de leur
carrière, les 2087 voient leur charge utile augmenter
(passage à 1 010 kg). Ceci correspond aux
dernières versions d'ambulances construites sous la
dénomination R2087 N.
Côté conduite, le fourgon 4x4 est moins stable en
tout-terrain, car il est plus lourd et haut, ce qui augmente
légèrement le centre de gravité de
l'engin lequel, par sa structure et son rôle,
bénéficie en série du chauffage.
Malgré l'arrivée des Saviem TP3 à la
fin des années 1960, nombre de R2087 (toutes versions
confondues) restent en poste dans plusieurs unités, jusqu'au
milieu des années 1990, avant d'être
définitivement réformés et vendus par
l'administration des Domaines.