Affiliée,
depuis les années 1930, à Panhard et
Citroën, pour les fourgons légers, la police, alors
très intéressée par les
qualités du « Nez de cochon », adopte,
pour ses effectifs de police secours, le Type H. Les premiers,
arrivés en unité dès le
début des années 1950, sont, comme une partie des
fourgons Citroën, réalisés sur base de
Type 23 et utilisés dans l'immédiat
après-guerre, carrossés par Currus. Le
célèbre carrossier parisien réalisa
quelques cars de police secours en version courte, avant de se fonder
sur sa version rallongée, en porte-à-faux (4,86 m
de long), pour réaliser le « panier à
salade» qui sera en dotation jusqu'au début des
années 1970. De couleur pie (noir et blanc), le
véhicule est équipé, sauf sur le poste
de conduite, de vitres grillagées. Une cloison,
également vitrée et grillagée,
sépare le poste de conduite du reste du fourgon. Une porte
centrale permet d'y accéder.
Au-dessous de cette dernière, se trouve le compresseur
nécessaire à l'alimentation du klaxon deux tons.
Les longues banquettes latérales en bois,
disposées en vis-à-vis, sont rabattables,
permettant ainsi de rentrer un ou deux brancards. Des coffres,
nécessaires au transport des cônes de Lubeck et de
petits matériels d'intervention, sont également
aménagés de chaque côté. Le
toit, en outre, reçoit à l'avant et dans son
prolongement, une borne lumineuse « police» et un
gyrophare.
Des «
Cubes» multifonctions
Partageant leur rôle, dès le milieu des
années 1950, avec des fourgons Renault Goélette
(1 200 kg), les « paniers à salade» sur
base de Type H, sont progressivement remplacés,
dès le début des années 1970, par des
Peugeot J7. Le fait d'être réformés,
n'implique pas leur disparition totale. En effet, certains,
après vente aux Domaines, deviennent de simples fourgons au
sein d'entreprises privées ou sont rachetés par
des corps de sapeurs-pompiers, qui les transforment en
véhicules de premiers secours. Quelques modèles
restent toutefois au sein de la police, où ils servent
parfois de remise pour pièces ou terminent leur vie comme
véhicules de servitudes, rejoignant ainsi les
modèles spéciaux, encore utilisés par
les services spécialisés de la police nationale.
La préfecture de police de Paris est, dans ce domaine, une
grande consommatrice de Type H et HY. Parmi ces modèles, on
retrouve, dès le début des années 1950
et jusqu'au début des années 1980, des
« Cubes» spécifiquement
carrossés et aménagés. C'est le cas de
la fourrière animale qui, pour le ramassage des chiens et
chats errants ou blessés, reçoit des
modèles équipés de cages. Leur
accès est possible, grâce à des portes
placées latéralement. Cet aménagement
était réalisé par Currus, carrossier
fort apprécié pour son
célèbre « .panier à salade
». Dans un autre domaine, des Type H, en châssis
court d'origine, sont, dès 1951,
équipés en fourgons (vitrés) de
maintenance radio, servant de véhicules de
dépannage mobile, pour la réparation rapide des
postes embarqués dans les voitures de patrouille.
À la fin des années 1950, la
préfecture fait transformer quelques fourgons
tollés en véhicules de transport et pose de
cônes de Lubeck. Utilisés dans le cadre de la
signalisation de travaux importants sur la voie publique,
l'aménagement de périmètres de
contrôle routier et surtout la mise en place de la
signalétique des zones de protection autour d'accidents, ces
Type H disposent de deux petites plates-formes arrière, sur
lesquelles les policiers prennent place pour mieux déposer,
tout en roulant, les cônes de Lubeck, sur la
chaussée.
Version sanitaire
La préfecture de police de Paris possédait un
service de véhicules sanitaires légers (VSL). Ce
dernier, instauré dans les années 1930,
était destiné au transport rapide des
blessés.
Ils étaient ainsi secourus après des accidents ou
des incendies, mais aussi lors d'émeutes ou de
manifestations. Il assurait également parfois, le transport
d'aliénés (le véhicule
était alors muni de brancards spéciaux avec
sangles et des vitres opaques). Équipé
d'ambulances sur bases Hotchkiss, Renault et Peugeot, avant la Seconde
Guerre mondiale, ce service continue, dès le
début des années 1950, à utiliser des
véhicules légers réalisés
par ces deux derniers constructeurs (Renault 1 000 kg et 203 U), avant
d'adopter, dès la fin des années 1950, des
ambulances sur bases de Type H. Si certaines de celles-ci sont
carrossées par David, la plupart d'entre-elles le sont par
le spécialiste du genre, Carrier. Ce dernier
réalise, dès le début des
années 1960, beaucoup plus de modèles
rallongés et rehaussés (de 30 cm), permettant, le
transport de quatre blessés, au lieu d'un ou deux,
habituellement. Des H et HY, au châssis long, sont
également aménagés en
véhicules laboratoires et de mesures. Ces derniers sont
destinés au laboratoire municipal du Service de
salubrité public et industriel, alors chargé des
contrôles antipollution et antibruit, sur les automobiles,
ainsi qu'au Service vétérinaire et sanitaire,
chargé des contrôles d'hygiène dans les
commerces alimentaires et les restaurants.
Groupe
électrogène et brigade fluviale
Plusieurs modèles rallongés servent
également au transport de personnels
supplémentaires ou de matériels
conséquents, comme c'est le cas pour la brigade fluviale,
dont les Type H, modifiés, sont une fois de plus
carrossés par Currus. Le carrossier parisien reprend
également les bases du « panier à
salade» et son rallongement par porte-à-faux, pour
créer quelques fourgons porte-groupes
électrogènes. Ces derniers sont
destinés à l'alimentation de projecteurs,
nécessaires à l'éclairage de zones
d'accidents ou de catastrophes importantes, mais également
utilisés lors de prises d'otages ou de missions de maintien
de l'ordre.