La 4 L supplante la 2 Cv
Au début des années 1960, les parcs
des brigades territoriales de la gendarmerie nationale, sont
principalement constitués de quelques breaks
vitrés Renault Juvaquatre, mais surtout de breaks de type
commercial Peugeot 203 U et 403 U, de Simca Aronde type
Châtelaine et de quelques berlines Citroën 2 CV.
Malgré leurs qualités techniques et leurs
appréciables prouesses sur route comme en tout chemin, dans
une France encore rurale, les 2 CV sont souvent
reléguées au rang de second véhicule.
Une aubaine pour la 4 L qui, lors des essais menés par les
gendarmes mais également au sein de nombreux services de
l'État, séduit et ouvre de nouveaux horizons, en
matière de missions, particulièrement en zones
rurales et semi-rurales. L'arrivée de cette
dernière dans les brigades et sa propagation au sein des
unités de la gendarmerie, dès 1962, sonne,
à court terme, le glas de la petite reine de Javel.
Jugée plus puissante et aussi plus confortable, la 4 L
devient donc rapidement «
l'égérie» des gendarmes
départementaux qui découvrent, enfin, en cette
nouvelle « voiture routière de brigade
», un véhicule de « patrouilles,
d'interventions et de liaisons» idéal.
Aussi à l'aise que la 2 CV, sur le bitume comme en tout
chemin, la 4 L, plus puissante, bénéficie en
effet d'un très bon système de suspension qui lui
procure une meilleure tenue de route. De plus, elle permet
très facilement le transport de quatre gendarmes,
à la vitesse donnée de 100 km/h. Les premiers
modèles livrés, de couleur blanche ou grise, sont
équipés en 6 volts, ce qui n'est pas sans poser
quelque problème, lors de l'installation du nouveau
matériel de transmission. Comme pour les 2 CV, les 4 L
demandent donc, dans un premier temps, une modification de leur
faisceau électrique, afin d'accueillir
l'équipement en question. Ce problème est
réglé dès le début des
années 1970 avec l'adoption des nouveaux modèles,
dotés du moteur de 782 cm3 et équipés
en 12 volts, À partir de la fin des années 1960,
les Renault 4 L, au même titre que de nombreux
véhicules en gendarmerie, adoptent le « bleu moyen
», couleur rebaptisée officiellement, au
début des années 1980, « bleu
gendarmerie ».
Fourgonnette et tout-terrain
Il n'y a pas qu'en BT que les R4 sont nombreuses. En
effet, elles intéressent d'autres unités de
l'arme, qui l'utilisent aussi comme véhicule de patrouille
(gendarmerie de l'air, des transports aériens ou de
l'armement), mais surtout comme voiture de liaison. C'est le cas de bon
nombre de brigades motorisées et de la totalité
des escadrons d'autoroute. Certaines sont également
livrées, pour le même usage, à
plusieurs unités de gendarmerie mobile. Quelques variantes
sont également destinées à des
missions bien distinctes. Ainsi, dès l'année
1975, de fourgonnettes F4, puis F6, sont adoptées comme
matériel de servitude au sein des écoles ou des
casernes servant au vaguemestre ou aux personnels chargés de
l'activité et de l'entretien du casernement. Des berlines
4x4, réalisées dans les année 1970 par
la société Sinpar, sont également
employées. Destinées à remplacer
à long terme les ancienne Jeep, les versions 4x4 sont
principalement affectées à certains peloton et
brigades de haute montagne ou à des unités
basées en bord de mer. Leur parc sera rapidement
complété par des Renault 6, également
transformées en véhicule tout terrain, par le
même préparateur. Les deux modèles
rencontrent un succès mitigé et les Jeep comme
les Peugeot 504 Break Dangel ou même les Citroën
Méhari leurs sont souvent
préférées. La R4 étant
appelée à disparaître au
début des années 1990, la gendarmerie engage une
série d'essais sur de nouvelles voitures,
représentées par la Peugeot 205 GED, la
Citroën AX 1,4 D, la Renault Super 5D puis la Clio 1,9 RLD.
Après une importante période d'essais, la Renault
Clio est adoptée et remplace progressivement, dès
1993, la 4 L, dont le dernier modèle est livré
à l'arme cette même année. Toutefois,
de nombreux modèles resteront encore en service
jusqu'à la fin des années 1990. A cette
période, tous les exemplaires utilisés en brigade
ou en compagnie, ont été remplacés.
Les seuls modèles restant au sein de l'arme
équipent encore les vaguemestres de certaines
unités ou sont employés comme
véhicules de casernement au sein des écoles, des
forts de la région parisienne ou dans l'enceinte de quelques
casernes de la gendarmerie mobile. Après trente cinq ans de
bons et loyaux services, la gendarmerie n'est pas prête
d'oublier cet incroyable et fidèle «
destrier».